validation

A l’heure où les Ministères ne planifient plus grand-chose d’intelligent à quelques jours des élections – ah cher lecteur vous êtes déjà moqueur, parfois il y a des bonnes décisions – nombres d’écrits en manque de décret d’application, de note d’interprétation vont figer les prises de décision dans les entreprises, en particulier les « grosses », là où risque n’est pas dans la culture, sauf à certains niveaux, et pourtant, c’est souvent dans ce type de structure qu’il y a les plus « grosses affaires », celles qui coutent cher, qui font les gros titres. Elles étaient évidemment liées à des pratiques que n’importe quel enfant diagnostiquerait comme déviantes. Elles étaient volontaires, avec une véritable intention !

Par la suite, ce sont donc tous les autres acteurs « normaux » qui en pâtissent avec des formations annuelles idiotes, des checks-lists de validation à rallonge et des contrats de dizaines de pages (et encore lorsque les projets sont acceptés)… bref c’est long, peu agile, rigide. Pourtant le mode d’ordre est « différenciation » : « trouvez la bonne idée et un partenaire avec des idées innovantes »

avancer ou non ?

Une attitude schizophrénique ?

 

Un, deux, trois… soleil

« Il va falloir attendre que cela s’éclaircisse » , en gros cela veut dire, tout le monde est bloqué jusqu’à la rentrée, le temps que le nouveau gouvernement se mette en place, que chaque acteur prenne la température de ses nouveaux interlocuteurs (lesquels ? mystère !) ; y aura t-il des changements dans les interlocuteurs des grandes « Agences » ? Auront-ils d’autres consignes ?

Bref, l’innovation et la différenciation va donc en subir les conséquences, encore un retard supplémentaire face à d’autres pays qui culturellement vont plus vite et donc sortent plus vite du marasme ….ou bien, ceux qui ont des idées et des bons conseils… masi il n’y a souvent pas de place pour deux dans un marché difficile.

Ne soyez pas désespéré !

 

Faut-il moins de règlementation en santé ?

Je trouve qu’à travers les âges c’est bien utile d’avoir mis en place des limites et des contrôles en particulier dans la communication.

Récemment je lisais un extrait tiré du journal du syndicat d’initiative d’une plage qui, en 1927, avait fait appel à plusieurs médecins pour vanter les mérites thérapeutiques de la localité. Outre le fait que c’est risible sur le plan scientifique, cela rappelle les limites de genre de publication et il faudrait interroger au-delà des liens d’intérêts, s’il y a conflit et indépendance.

En effet, il peut y avoir un lien sans conflit et pour autant le contenu doit être bien valide et validé dans ce type de propos.

Pour avoir animé comme président la commission santé de l’UDA (Union Des Annonceurs), je suis particulièrement attentif à ce sujet.

Mais nous constatons que deux récentes modifications de la réglementation vont encore alourdir la relation entre les industriels et les professions de santé (oui, tous cette fois)

En effet, l’évolution du dispositif dit de la « transparence » s’alourdit avec des textes supplémentaires et des « explications » dans le décret qui vont encore ajouter des incertitudes et des interprétations (en attente d’un nouvel équilibre).

La semaine dernière l’HAS (Haute Autorité de Santé) décide d’élargir le scope de la « charte de la visite médicale » avec des dispositions telles que des relations entre un professionnels de santé et un industriel sembleront plus délictueuses que de partager un joint ou de transporter du cochon dans « La Traversée de Paris ».

 

Cette « bien-pensance » unilatérale et schizophrénique fait fuir les initiatives de collaborations internationales (un problème d’attractivité de la France qui est toujours plus compliquée que les autres pays), mais aussi les bonnes idées et projets des médecins (qui sont tout de même un peu intelligents pour voir les gros sabots promotionnels) toujours pour l’amélioration des soins, ne souhaitant plus développer de partenariat par peur de voir « l’Administration » avec un grand A leur reprocher un cumul d’activité ou l’affiche de leur nom sur le site internet de la honte pour avoir accepté un double expresso au relais H.

 

Ici encore, parce qu’il y a eu des abus dénoncés à grands renforts médiatiques (mais qui avaient d’autres buts), ce sont les autres qui en paient les conséquences.

ignorer ?

 

Une communication en carcan incompatible avec les besoins

De même, la publicité mérite un contrôle. J’en veux pour preuve les amusantes allégations santé sur l’intérêt de boire du vin, ou bien une marque de grogs contre la grippe.

 

Pour autant à l’heure du numérique et de l’hyperspécialisation, un professionnel de santé doit se débrouiller seul afin de pouvoir disposer d’éléments « produits » d’une entreprise pharmaceutique.

En effet, en raison du visa « a priori », un industriel doit adresser à l’ANSM, le matériel dit promotionnel qu’il veut proposer au professionnel. Ce matériel doit être déposé à l’occasion de 4 périodes par an (et c’est tout), l’agence à 2 mois pour répondre oui ou non. Ajoutez le fait qu’en amont la préparation, le contenu, mais également la maquette finale doit être validée en interne par toutes les étapes médico-juridico-règlementaire, puis si tout va bien, d’être fabriqué après le coup de tampon de validation, il s’est passé entre 6 mois (au mieux) et souvent presqu’un an entre l’idée et le document dans les mains du docteur….

C’est un peu dommage lorsqu’il faut évoquer un lancement (sauf si un plan de gestion de risque a été proposé en amont), une extension d’indication ou bien des conditions particulières d’utilisation.

Des allégation santé en publicité d'un autre âge

Le digital n’a pas de frontière

Donc, le professionnel se débrouille autrement, via internet, selon ses compétences et le temps dont il dispose en espérant qu’il réussira à trouver la bonne information, c’est à dire sur le site du labo mais dans un autre pays (c’est mieux qu’une mauvaise interprétation locale ou un site officiel incomplet).

Cela fait le bonheur de nombreux acteurs en dehors du sol national, en particulier les GAFAM qui continuent a enrichir les bases de données sur le profil des professionnels de santé (comme d’ailleurs les patients).

mais il ne faut pas en abuser (des deux)

 

Est-il possible de communiquer intelligemment avec une attractivité et en restant dans les clous ?

En 20 ans de digital santé, j’ai produit des milliers de contenus, opérations, campagnes, quelques soient les canaux. Je n’ai jamais eu une seule interdiction, ni rappel.

Pour cela il faut avoir une vision large :

  • connaître le besoin
  • connaître l’environnement
  • connaître toute la réglementation et avoir une intention de ne pas déroger
  • propose des services une une communication intelligente qui sert la santé
  • donc s’auto-censurer dans les propos et l’opération
  • choisir les bons canaux et l’intégration
  • choisir les bons partenaires (et cela ne coute pas plus cher)

 

Ce sera l’une des thématiques que je vais aborder le jeudi 11 mai à Bordeaux sur la Conférence « When Doctors Meet Hackers » http://wdmh.fr/

 

Dr.Vincent VARLET

MD, MBA, INSEAD

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